@book {406,
	title = {Le deuil du soleil},
	year = {1998},
	pages = {179},
	publisher = {VLB {\'e}diteur},
	organization = {VLB {\'e}diteur},
	edition = {Po{\'e}sie},
	address = {Montr{\'e}al},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Le deuil du soleil de Madeleine Gagnon est un livre qui se pr{\'e}sente comme une r{\'e}flexion profonde sur le deuil et l\&rsquo;{\'e}criture. Il se divise en deux parties : un r{\'e}cit, \&laquo;Le deuil du soleil\&raquo;, suivi de deux textes po{\'e}tiques en prose et de la narration d\&rsquo;un r{\^e}ve que l\&rsquo;auteure a intitul{\'e}s \&laquo;Accompagnements\&raquo;.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>{\'E}labor{\'e} sur une p{\'e}riode de deux ans et demi, au fil des d{\'e}c{\`e}s qui marquent la vie personnelle de Madeleine Gagnon et en rappellent de plus anciens, le texte s\&$\#$39;enracine dans la n{\'e}cessit{\'e} de faire silence pour {\'e}couter la \&laquo;bouche invisible muette\&raquo; (p. 24) de la mort qui dicte ses mots. L\&rsquo;auteure se rem{\'e}more les circonstances qui ont entour{\'e} la perte de proches parents ou d\&rsquo;amis et, partant du processus du deuil, elle d{\'e}veloppe une r{\'e}flexion sur celui de l\&$\#$39;{\'e}criture. Elle les traite comme deux versants d\&$\#$39;un rapport transform{\'e} au temps : \&laquo;Soudain, le temps s\&$\#$39;arr{\^e}te, ne bouge plus, {\'e}tale, le temps int{\'e}rieur s\&$\#$39;impose au temps qui passe, le pulv{\'e}rise, l\&$\#$39;an{\'e}antit : la mort s\&$\#$39;est install{\'e}e dans la maison du temps int{\'e}rieur. [...] J\&$\#$39;ai tout arr{\^e}t{\'e}. Je l\&$\#$39;{\'e}coute et la regarde et dois {\'e}crire ce qu\&$\#$39;elle me dicte\&raquo; (p. 11).</div><div>\&nbsp;</div><div>En effet, le temps lin{\'e}aire, ext{\'e}rieur, {\'e}tant alt{\'e}r{\'e}, l\&rsquo;{\'e}criture et le deuil sont d{\'e}sign{\'e}s, par Madeleine Gagnon, comme les lieux d\&$\#$39;une solitude extr{\^e}me qui obligent le sujet {\`a} appr{\'e}hender autrement le r{\'e}el, puis le restituent {\`a} un univers transform{\'e}. Le deuil est une \&laquo;autre premi{\`e}re naissance\&raquo; (p. 83), tout comme la fin de l\&$\#$39;{\'e}criture d\&$\#$39;un livre marque \&laquo;son v{\'e}ritable commencement\&raquo; (p.135).</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Mettant en relation le processus de deuil et celui de l\&$\#$39;{\'e}criture, Madeleine Gagnon, avec Le deuil du soleil, s\&rsquo;engage sur la voie du dialogisme. Par sa r{\'e}flexion sur le deuil, elle {\'e}tablit un rapport avec la m{\'e}moire des \&laquo;{\^e}tres chers en all{\'e}s\&raquo; (p. 151), tandis que par celle sur le processus d\&$\#$39;{\'e}criture, elle cr{\'e}e un dialogue int{\'e}rieur avec des {\'e}crivains du pass{\'e} et du pr{\'e}sent. Ce sera tour {\`a} tour Jean Doubrovsky, Marguerite Duras, Paul Val{\'e}ry, St{\'e}phane Mallarm{\'e}, Charles Baudelaire, Jorgue Semprun, Ren{\'e} Char, John Donne, Vladimir Ma{\"\i}akovski, Rina Lasnier ou Jacques Brault.</div><div>\&nbsp;</div><div>Priv{\'e} des rep{\`e}res habituels que constituent le temps lin{\'e}aire et la pr{\'e}sence physique des autres, le r{\'e}cit, dans sa structure, se calque sur le travail du deuil. Il trace \&laquo;un petit chemin\&raquo; (p. 14) tout en boucles, qui tient {\`a} la fois du chant, du po{\`e}me, du requiem et d\&$\#$39;une parole sacr{\'e}e, mais sans appartenance, parole cherchant {\`a} prendre le relais d\&$\#$39;un rapport religieux (ici, catholique) {\`a} la mort.\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>Elle d{\'e}couvre ainsi un temps int{\'e}rieur, qui approche le n{\'e}ant mais ne peut qu\&$\#$39;{\'e}chouer {\`a} le traduire (ce {\`a} quoi elle consent d\&$\#$39;avance), sinon par la parole po{\'e}tique : \&laquo;Pour traduire ce temps \&mdash;et tous ses semblables\&mdash; je crois bien que seul le po{\`e}me est ad{\'e}quat.[...] Traduire ce temps par l\&$\#$39;{\'e}criture du po{\`e}me, ajoutant ma voix {\`a} celles des po{\`e}tes amis que j\&$\#$39;ai besoin de lire et relire, et qui s\&$\#$39;y sont risqu{\'e}s, avec des bonheurs d\&$\#$39;intelligence qui font que la \&ldquo;pr{\'e}sence de l\&$\#$39;absence\&rdquo; du temps, comme l\&$\#$39;a si bien chant{\'e}e Rina Lasnier, devient tangible et lumineuse.\&raquo; (p. 56)\&lt;</div><div>\&nbsp;</div><div>L\&$\#$39;auteure n\&$\#$39;{\'e}crit pas pour retenir la mort ou le souvenir des {\^e}tres perdus ou absents, mais pour transformer ce souvenir et se laisser transformer par lui :</div><div>R{\^e}ver l\&$\#$39;autre peut parfois {\^e}tre le seul chemin qui nous conduit de l\&$\#$39;autre {\`a} soi. Il s\&$\#$39;agit d\&$\#$39;un trajet risqu{\'e} entre l\&$\#$39;autre et soi o{\`u} la mort de l\&$\#$39;autre devient le ferment de la rencontre de soi. Cette r{\^e}verie comporte un travail : celui du deuil qui ram{\`e}ne autrement au sens pluriel d\&$\#$39;une {\'e}criture et de sa v{\'e}rit{\'e} propre. Ou d\&$\#$39;une vie (p. 55).</div><div>C\&rsquo;est ainsi que le travail du deuil donne lieu, chez le sujet, {\`a} une {\'e}thique de la fid{\'e}lit{\'e}, qui le restitue {\`a} la vie, {\`a} lui-m{\^e}me et {\`a} l\&$\#$39;autre. Entretenant un lien myst{\'e}rieux avec le deuil, l\&rsquo;{\'e}criture laisse d\&rsquo;abord parler les morts pour ensuite les faire rena{\^\i}tre par une m{\'e}moire cr{\'e}atrice.</div><div>\&nbsp;</div><div>Au terme du deuil, comme au terme du processus d\&$\#$39;{\'e}criture, quelque chose est abandonn{\'e} par le sujet, qui quitte son temps int{\'e}rieur et revient dans la communaut{\'e} humaine et le monde. Les \&laquo;Accompagnements\&raquo;, {\`a} la fin du livre, t{\'e}moignent d\&rsquo;ailleurs de ce travail de la m{\'e}moire, d\&$\#$39;une transformation de la mort en texte, qui constitue {\`a} la fois un aboutissement et un nouveau point de d{\'e}part.</div><div>\&nbsp;</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Madeleine Gagnon}
}
